Ce livre a pour particularité d’être un projet partagé avec Charlotte Munich et Marion Olharan. D’après un même pitch, nous avons écris chacune une nouvelle dans notre univers.

Un quai de gare. Un train qui part. La nuit commence.Alex et Camille n’avaient pas prévu de rater le dernier train. Encore moins de se retrouver coincés ensemble. Mais le destin en a décidé autrement. Alors que les feux de la Saint-Jean brûlent, la nuit est propice à la découverte de soi mais surtout de l’autre. Et si nos héros avaient bien plus en commun qu’un train manqué? Des Alpes à la côte basque, trois autrices vous embarquent dans trois rencontres décisives, romantiques ou fantastiques.

— Bonjour, je m’appelle Alex.

Il y a encore quelques semaines, je me serais présentée différemment. J’aurais donné mon prénom entier : Alexandrine. Il y a beaucoup de choses que j’aurais faites autrement d’ailleurs. Pour commencer je ne serais pas là. L’idée même d’aller faire de la randonnée m’aurait paru ridicule. Alors être assise, les fesses dans la poussière tout en faisant connaissance avec un illustre inconnu, n’est clairement pas une scène que mon imagination bien que débordante aurait pu inventer.

Je trouve ça plutôt sympa de me faire appeler Alex. Oh bien sûr, il y a quelques personnes qui ont essayé avant. Mais j’avais tendance à les corriger. Pourquoi ? Parce que j’avais l’impression qu’Alex c’était une fille beaucoup plus cool que moi. Moi je suis plutôt ennuyeuse. Un peu comme mon prénom beaucoup trop long, et un brin démodé. Je ne suis pas drôle, et je ne cherche même pas à l’être. Je suis quelqu’un qui traverse sur les clous, qui rend ses livres à la bibliothèque en temps et en heure, et qui en plus donne des leçons aux autres. Je mange sainement, je vais à la salle de sport trois fois par semaine et je ne bois pas d’alcool. Je me lève tôt parce que c’est ce que les gens bien font. Je travaille dur sans pour autant attirer l’attention sur moi. Je suis celle que vous ne remarquerez jamais en soirée. Moi je me souviendrai probablement de vous, peut-être même de la façon dont vous vous êtes présentés, sûrement de celle dont vous étiez habillé, et certainement de tout un tas de détails sans importance. J’ai une excellente mémoire, mais je suis bien trop insignifiante pour marquer celle des autres.

D’ailleurs, je suis persuadée que le grand blond qui est penché au-dessus de moi et qui me regarde les yeux écarquillés ne sait sans doute pas qu’on s’est déjà croisés il n’y a même pas une demi-heure.

— Euh… moi c’est Camille, déclare-t-il en attrapant ma main.

Je m’attends à ce qu’il la secoue en guise de salut, mais à la place il la tire pour m’aider à me relever. Sa paume est immense, comparée à la mienne, et il me fait décoller du sol sans le moindre effort apparent. Je jette un coup d’œil en direction de ses biceps. Waouh ! Rien à voir avec ceux d’Augustin, mon copain, enfin non… je ne dois pas l’appeler comme ça. Grisée par cette découverte, je lui souris de toutes mes dents.

— Vous êtes sûre que ça va ? demande-t-il en fronçant les sourcils et en penchant la tête sur le côté comme pour mieux m’observer. 

Je comprends que j’y suis peut-être allée un peu fort en lui exposant ma dentition parfaite que je dois à l’insistance de mes parents de me faire porter des bagues jusqu’à mes 16 ans. Au moins une chose digne d’intérêt chez moi. Je ferme la bouche, et époussette mon short pour en retirer la terre, et me donner une contenance. Je m’apprête à lui répondre que tout va bien, lorsqu’un bruit derrière nous attire notre attention à tous les deux.

— Merde ! s’exclame Camille.

Il fait un pas en avant, et je comprends qu’il va me planter là. Normal, me direz-vous, ce ne sera pas le premier ni le dernier. 

 Je regarde en direction du bruit. Un peu plus bas, la silhouette de la Jeanne, la pimpante motrice du tramway du Mont-Blanc, se met en branle. Dans quelques secondes elle va quitter sa station du Nid d’aigle pour redescendre vers la vallée. Camille sera parmi les voyageurs, et d’ici 10 minutes il aura oublié l’inconnue qu’il a aidée à se relever. Moi, je ne tente même pas la course folle qui me permettrait de grimper à son bord. Je ne me berce pas d’illusions, j’ai réussi à tomber en marchant à l’allure d’une tortue, je serais capable de me tuer en dévalant le sentier escarpé à toute vitesse. En plus, je suis persuadée que ça doit être contre le règlement de monter à bord du train alors qu’il est sur le point de partir.

 Qu’à cela ne tienne, je prendrai le prochain.

Si vous êtes curieux de découvrir mes deux co-autrices.

Charlotte Munich

Marion Olharan

Un livre, un même résumé pour trois histoires au top!

L’idée est super sympa! Comme quoi, on peut avoir une histoire de départ et en faire plusieurs bien distinctes.

Lire ces trois nouvelles m’a permis de découvrir ou redécouvrir trois auteures aux univers bien différents.

  • disponible : Kindle et broché
  • Nombre de pages : 400 tout pile !