Adam est une adaptation en livre du jeu Is it Love ? créé par Claire Zamora.

Is it love ? L’histoire d’amour dont vous êtes l’héroïne

Une communauté en attente des histoires de leurs personnages préférés.

Ruby Williams est chargée de communication au sein de Carter Corporation. Lors d’un concert, elle fait la rencontre d’Adam, batteur des Nightmareden mais aussi surfeur et militant écologiste. Il fait rapidement chavirer son cœur et l’attirance entre eux est réciproque. Ruby se laisse entraîner dans cette douce aventure, entre le parfum des embruns et les concerts endiablés.

Mais sous son apparence solaire, Adam semble dissimuler une personnalité plus complexe qu’il n’y paraît. Peut-elle réellement lui accorder sa confiance ? Entre le récent piratage de Carter Corp., le mystérieux tatouage en forme d’ange sur son bras et son comportement changeant, Ruby va découvrir le passé trouble que tente d’enterrer l’homme dont elle est tombée amoureuse.

Chapitre 1 : Ruby

Une fois de plus, je n’ai pas su dire non à Matt. 

Lorsque ce matin il m’a parlé du concert donné par ses potes d’enfance, il a omis de me préciser deux choses : la première étant qu’il avait lieu ce soir, alors que j’ai une journée hyper chargée au boulot demain. Par conséquent, pour survivre je vais devoir ingurgiter des litres de café en priant pour que Gabriel ne s’aperçoive pas que je tourne au radar. La deuxième, que le groupe dont il est question joue du métal, un genre musical que je n’affectionne pas particulièrement, voire pas du tout.

Matt m’a certifié que j’allais adorer, mais je ne suis pas sûre qu’il soit très objectif. Et puis le connaissant, lui et ses goûts étranges… Je ne sais vraiment pas dans quoi je me suis embarquée ! Mais comme aime le faire remarquer mon binôme, « dans la vie, le plus fun, c’est l’imprévu  ». C’est pourquoi ce n’est certainement ni la première ni la dernière fois que je le suis dans un de ses plans foireux. 

Depuis les quelques mois que nous travaillons ensemble chez Carter Corp, une véritable complicité s’est installée entre nous. Il me fait rire quand je suis tendue à cause d’un projet, il m’encourage pour que je donne le meilleur de moi-même et il sait aussi être flatteur lorsqu’il a besoin de quelque chose. En bref, c’est le collègue de travail parfait, et également un ami fidèle sur lequel je peux compter. Et dans une ville comme New York, cela n’a pas de prix !

Alors que nous pénétrons dans le bar, je suis surprise de voir la foule si nombreuse. Au moins un point sur lequel il ne s’est pas trompé, pour avoir autant de monde, les Nightmareden doivent être appréciés ! J’hésite à plonger dans cette marée humaine. Matt s’en rend compte, il saisit ma main et passe le premier pour me servir de bouclier. 

— On a besoin d’aller si près de la scène ? 

— Fais-moi confiance princesse, je sais ce que je fais. Tu vas adorer !

Il ponctue sa phrase d’un clin d’œil.

— Tu as intérêt. Sinon tu verras, ma vengeance sera terrible !

Malgré le bruit de la foule, j’entends qu’il s’esclaffe. 

— J’aimerais bien voir ça. 

— Tu n’as pas idée de ce dont je suis capable. 

— Non pas du tout, je suis presque curieux de le découvrir. 

— Je pourrais très bien t’organiser un rencard surprise avec Cassidy. 

Au moment où je prononce le prénom de la garce de la boîte, alias la responsable des ressources humaines, son sourire disparaît, et il prend un air effrayé. 

— N’en dis pas plus, je promets de veiller à ne plus te contrarier. 

Sur scène, les instruments attendent leurs propriétaires dans la pénombre. Je me demande bien à quoi ils peuvent ressembler… Je n’ai que quelques informations données par Matt, donc rien de très fiable. La seule chose dont je suis certaine, c’est que Colin, qui travaille lui aussi chez Carter Corp en tant que développeur, est le chanteur du groupe. Je le connais peu, c’est un ami de Matt, mais il y a quelque chose chez lui qui m’intimide. Lorsqu’il pose sur vous ses yeux couleur de glace, vous avez l’impression qu’il peut transpercer votre âme.

Je perçois du mouvement sur scène, des ombres s’installent, je distingue trois personnes. 

— Ça va commencer, dit Matt à côté de moi. 

Il a l’air excité comme une puce. 

J’entends quatre coups brefs, deux baguettes qui s’entrechoquent, puis c’est l’explosion. Ma vue, mon ouïe sont assaillies en l’espace d’une seconde. Les musiciens sont éclairés de toutes parts, et les instruments se déchaînent : basse, batterie, guitare entament une mélodie qui pourrait réveiller un mort. Ça décoiffe ! 

Colin commence à chanter, tous les yeux sont braqués sur lui. Je ne sais pas comment s’est opérée la transformation, mais le discret informaticien a fait place à une bête de scène. Sous la lumière des projecteurs, ses yeux paraissent encore plus hypnotiques. Ses longs cheveux de jais ondulent au rythme de sa guitare, sa voix est chaude et rocailleuse à la fois. Il dégage un sex-appeal incroyable, et le public ne s’y trompe pas, il l’acclame comme s’il était son nouveau gourou. Plusieurs filles hurlent son nom. Je me prends au jeu et fais de même. Matt se tourne vers moi et me regarde comme si j’avais perdu la tête. Je m’en fiche, je m’éclate ! 

Mais Colin n’est pas seul sur scène. À ses côtés, une femme au look plus rock’n roll encore se déchaîne à la basse. Avec ses cheveux aux pointes vertes et les tatouages colorés qui courent sur toutes les parties visibles de son corps, elle ressemble à la bad girl par excellence. Et si j’en crois ce que Matt m’a raconté, elle n’en a pas que l’allure. 

Enfin, je m’attarde sur le troisième membre du groupe : le batteur. Au moment où mon regard se pose sur lui, je ressens comme un électrochoc. Dans le halo de lumière formé par la poursuite, son visage totalement abandonné à la musique est une révélation. Ses yeux sont fermés, de la sueur plaque quelques mèches de ses cheveux blonds sur son front. Avec ses pommettes hautes, sa mâchoire carrée, il dégage une forme de virilité qui ne me laisse pas insensible. Ses bras s’agitent sur les fûts de sa batterie. Chaque coup résonne dans ma poitrine, et au fur et à mesure que le rythme accélère, mon cœur fait de même. Je suis transportée par sa musique, les autres membres du groupe s’effacent peu à peu, et pour moi, il ne reste plus que lui sur scène. Il m’hypnotise, moi la mélomane de pacotille. 

— Ça va, princesse ? hurle Matt à mon oreille à cause du bruit. 

Sa question me sort brutalement de ma transe. Je hoche la tête. 

— Tu aimes ?

Je prends conscience qu’il ne me parle pas du physique du batteur, mais bien de la performance du groupe tout entier. 

— Oui, c’est sympa. C’est quoi déjà le nom du pote de Colin sur scène ? 

Un sourire carnassier s’affiche sur le visage de Matt. Il comprend que je joue les indifférentes, mais que ma question n’est pas si innocente. 

— Le batteur s’appelle Adam, articule-t-il avec exagération. 

Adam, comme le premier homme sur terre. 

Le premier homme à m’intéresser depuis longtemps, à vrai dire. Depuis que je suis à New York, je n’ai rencontré personne, à part mes collègues de boulot. Matt a beau être adorable, je le vois plus comme un frère, que comme un amoureux potentiel. Mais ce qui m’étonne le plus dans ma réaction face à Adam, c’est que je ne sais rien de lui. Je ne suis pas du genre à m’amouracher d’un mec pour son physique, mais je trouve qu’il dégage une sorte d’aura magnétique qui m’attire comme un aimant. Au moment où il rouvre les yeux, je suis finie. 

Son regard scanne la foule, il croise le mien. L’espace de quelques secondes, j’ai l’impression que nous communiquons, que lui aussi sent cette connexion invisible qui nous lie. Mais l’instant est fugace, et déjà le voilà reparti dans un enchaînement rythmique compliqué, sa concentration focalisée sur sa batterie. 

J’ai chaud, et pas seulement à cause du monde, ça j’en suis certaine. 

Les dernières notes de la chanson finale retentissent. S’ensuit un tonnerre d’applaudissements. Les trois membres du groupe se postent au bord de la scène et saluent leur public. Je ne suis pas en reste, je les acclame, à m’en faire mal aux paumes. Adam, entre un Colin au sourire énigmatique, et une Doris qui tire carrément la tronche, semble solaire. Il passe une main dans ses cheveux, fléchissant au passage son biceps sur lequel je distingue un tatouage. Je suis trop éloignée pour en discerner exactement les contours. Matt, pour la deuxième fois ce soir, me fait redescendre sur terre en me parlant :

— Viens ! On va aller les attendre dans les coulisses avant qu’il n’y ait trop monde pour qu’on puisse y accéder. 

Nous allons discuter avec eux ? 

Je ne suis qu’à moitié étonnée par cette annonce. Après tout, Matt les connaît bien. Alors que celui-ci attrape ma main pour que nous nous frayions un passage à travers la foule, je ne peux m’empêcher de regarder en direction de la scène. Les fans du groupe se pressent contre les barrières, nous sommes à deux doigts de l’émeute. 

Un vigile qui dépasse Matt d’au moins une bonne tête garde l’entrée des coulisses. Je ne sais pas ce que mon collègue lui raconte, mais il acquiesce d’un signe de tête et s’écarte pour nous laisser passer. Nous nous engageons dans un couloir rempli de flight cases, puis débouchons sur une arrière-salle dont je ne soupçonnais pas l’existence. Des banquettes à l’allure confortable, et des poufs sont organisés autour de tables basses sur lesquelles sont disposées des bougies. Au fond, il y a un bar en bois recouvert de zinc, derrière lequel est aligné un nombre de bouteilles d’alcool impressionnant. Sur les murs, s’étalent de vieilles affiches de groupes de rock : les Stones, les Beatles, les Doors, et d’autres que je ne connais pas. Il y a également des photos de concerts qui ont eu lieu ici. Cet endroit est différent de tout ce que j’ai pu voir à New York depuis mon arrivée. 

Matt se dirige vers le bar et commande deux bières. Lorsqu’elles nous sont servies, il lève sa pinte : 

— À cette fantastique soirée en ta compagnie ! 

— Elle est loin d’être finie ! répliqué-je en levant moi aussi mon verre. 

Les lèvres de mon ami se courbent. 

— Tu as raison, j’ai repéré deux ou trois groupies avec lesquelles ça me dirait bien de faire plus ample connaissance. 

— Elles ne sont pas là pour toi. 

— Effectivement, mais lorsqu’elles auront découvert mon physique de rêve, et ma personnalité hors du commun, elles n’en auront plus rien à faire des deux métalleux sur scène. 

— La modestie ne t’étouffe pas. 

Au lieu de me répondre, il prend un air charmeur et m’adresse un clin d’œil. C’est tellement surjoué que ça me fait éclater de rire. C’est vrai que Matt est beau gosse, en plus d’être drôle et adorable. Mais jamais je ne ferais l’erreur de lui succomber. C’est un bourreau des cœurs, incapable de se poser. En plus, c’est mon collègue, et mon ami, je n’ai pas envie de tout gâcher entre nous. 

Ce qui me laisse penser qu’avoir un coup de foudre pour un de ses potes, qui plus est un musicien, est certainement une très mauvaise idée. 

Je vois que les gens autour de nous s’agitent. Je me retourne, le groupe vient d’entrer dans la salle. Colin en tête, suivi de près par Doris. Adam est le dernier. Il s’arrête en chemin pour saluer plusieurs personnes. Cela me donne tout le temps de l’observer. Quand deux groupies blondes lui sautent au cou, je ressens comme un malaise. Je tourne la tête, pour éviter d’assister à la scène plus longtemps. Mais j’ai à peine l’occasion de plonger les lèvres dans mon verre que j’entends :

— Eh ! Salut mon pote ! Content que tu aies pu venir !

Je lève les yeux et vois Matt et Adam échanger une accolade à base de tapes dans le dos. Ils ont l’air sincèrement heureux de se voir. Pour autant, mon collègue ne m’oublie pas :

— Adam, laisse-moi te présenter Ruby. On bosse ensemble. 

L’attention du batteur se tourne sur moi. Sans la lumière aveuglante des projecteurs, et à cette distance, je peux détailler plus facilement son visage. Ses yeux ont une teinte émeraude tout à fait surprenante. Ils pétillent lorsqu’il m’adresse un sourire. 

— Salut Ruby. Tu supportes cet énergumène toute la journée, dit-il en désignant Matt du pouce. Jolie et courageuse, on dirait !

Je ne sais pas si je dois me trouver flattée par son compliment. Ça ressemble quand même à une phrase bateau qu’il pourrait sortir à n’importe quelle fille de cette pièce. J’aimerais lui répondre quelque chose de spirituel, qui lui montre que je ne suis pas une greluche sans cervelle, mais le poids de son regard m’en empêche. Heureusement, Matt est là pour combler le silence. 

— Faut pas croire ! Elle n’est pas évidente à supporter tous les jours non plus !

Je lui lance un regard mauvais. 

— Tu vois ! s’exclame Matt. C’est exactement de ça que je parle !

Adam rit et propose :  — Allez, venez boire un verre à notre table, c’est ma tournée !

Adam appartient à la série de jeux Is it Love ? et à l’univers Carter Corp.

il existe d’autres livres issus du même univers, écrits par d’autres autrices.

  • Nombre de pages : 528
  • Éditeur ; Hugo new romance
  • Version brochée : Papier dans toutes les librairies
  • Version ebook Disponible sur toutes les plateformes