En se levant ce matin-là, Julia ne s’attendait sûrement pas à passer une journée aussi éprouvante. Pourtant, tout avait commencé plutôt normalement : son amie Libby était ravie de lui confier ses enfants et Julia était prête à faire contre mauvaise fortune bon cœur pour aider son amie… Jusqu’à ce que le petit Kyle se blesse et finisse aux urgences, après avoir confié à Julia son « trésor » trouvé dans le bac à sable : un magnifique solitaire !

Très vite, les catastrophes commencent à s’enchaîner et Julia réalise que le pouvoir de nuisance de cette bague est proportionnel à la taille de son diamant. Elle n’a, dès lors, plus qu’une idée en tête : s’en débarrasser. Mais d’où vient cette bague et qui l’a perdue ? Et surtout, qui est ce bel homme que Julia ne cesse de croiser ?

Chapitre 1 : Julia

Je suis en retard.

Rectification : je suis très en retard.

Oui, parce que pour être honnête, je suis rarement à l’heure. Mais disons que là, je suis plus à la bourre que d’habitude.

J’enfile rapidos mon vieux manteau en laine vert bouteille. Il jure franchement avec mon jean élimé, mon pull fuchsia et mes , mais cela fera l’affaire. Ce n’est pas comme si mes activités des prochaines heures nécessitaient un dress code irréprochable. Je dirais même qu’une allure un peu décalée jouera en ma faveur, car les deux personnes que je dois charmer ont quatre et sept ans.

Du baby-sitting. Voilà une bien étrange façon de passer mon samedi après-midi !

Comment moi, la presque trentenaire effrayée à l’idée de côtoyer un être humain de moins d’un mètre quarante, terrorisée à la simple vue d’une poussette ou d’une balançoire, en suis-je venue à suggérer à mon amie Libby mon aide pour garder ses rejetons ? Je me pose encore la question.

Oui, car c’est bien moi qui lui ai proposé de m’occuper des « terreurs », comme aime les surnommer mon autre amie Zoey. Elle n’a rien demandé, j’ai offert spontanément mon temps libre, de façon amicale et totalement gratuite.

C’est simple, j’ai été victime d’une équation impitoyable : l’air exténué de Libby, plus le nombre de fois où elle m’a rendu des services, ajoutés au fait que son mari est bien trop occupé pour remarquer que sa femme est au bout du rouleau entre les deux terreurs à gérer et son travail, le tout multiplié par un sentiment de culpabilité à l’idée de profiter d’elle à chaque fois que mon frigo est vide et qu’elle m’invite à manger. Bref, j’ai émis à haute voix l’hypothèse que je pourrais peut-être – éventuellement – garder ses enfants un après-midi pour qu’elle puisse souffler un peu.

Ce que j’ai sous-estimé, c’est que la mère de famille au bord de la dépression nerveuse ne saisit pas la subtilité du conditionnel. À peine avais-je suggéré l’idée, qu’elle avait déjà fixé une date et s’interrogeait pour savoir si elle arriverait à caser une séance chez le coiffeur, un rendez-vous chez l’esthéticienne et un peu de shopping dans le même après-midi. Comment faire marche arrière face à un tel spectacle ? Je n’ai même pas osé lui soumettre l’idée que je n’étais peut-être pas la meilleure personne à qui confier les prunelles de ses yeux.

Après tout, je suis tout juste capable de m’occuper de moi-même.

J’ai presque trente ans et pas vraiment de job stable, pas tout à fait d’appartement à moi, plus ou moins un petit copain. Je suis dans l’à-peu-près.

Laissez-moi vous expliquer.

Je suis artiste peintre. Ça, c’est pour l’emploi à peu près stable. Non que je n’aie pas de considération pour mon travail ; pour l’instant, c’est plutôt le reste du monde qui n’a pas encore une reconnaissance de mon talent à la hauteur de mes espoirs. Mon fan-club se résume à peu près à mes amis proches, quelques-uns de mes anciens professeurs de fac et un vieux galeriste qui a accepté d’exposer mes œuvres. Il y a quelques mois, il a vendu ma dernière peinture que j’estime être ce que j’ai produit de mieux à ce jour. Apparemment, l’acheteur s’est montré très enthousiaste et lui demande régulièrement si j’ai réalisé autre chose dans le même style. Le problème, c’est que depuis plusieurs semaines, je suis incapable de peindre quelque chose de correct. J’ai beau essayer, je n’arrive à rien. Je passe de longues heures à fixer la toile vierge sans avoir une seule inspiration que j’estime digne de réalisation. Une sorte de syndrome de la page blanche, version peintre. Pourtant, la vision du solde de mon compte en banque devrait être une motivation suffisante pour me mettre au travail. Mais j’en suis incapable. Voilà pourquoi j’ai quelques inquiétudes sur mon aptitude à vivre de mon art dans les prochains mois…

En ce qui concerne l’appartement, j’ai le sentiment que mes incessants retards dans le paiement de mon loyer sont en train de taper sur les nerfs de ma propriétaire. Je ne vais certainement pas tarder à découvrir un avis d’éviction sur ma porte. Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, le logement se situe dans le quartier de Bay Village à Boston, à un emplacement idéal. Elle n’aurait aucun mal à trouver un locataire sérieux, alors pourquoi me garder moi ?

Au sujet du petit copain, disons que je ne suis pas tout à fait en couple, mais pas vraiment célibataire non plus… Si je devais le dire poliment, j’expliquerais que j’entretiens depuis quelques semaines une sorte de partenariat sexuel exclusif avec un homme. Mais comme je ne suis pas du genre à tourner autour du pot, je vais le dire plus crûment : j’ai un plan cul régulier. Il s’appelle Dimitri, et fait partie de la pyramide humaine du Cirque des étoiles. Sur la rangée du bas, il supporte sur ses épaules massives plusieurs centaines de kilos. Il est donc gaulé comme un athlète de haut niveau, avec des abdos à rendre jalouse une tablette de chocolat. Et je peux vous confirmer que tout est très costaud chez lui. Sauf sa culture générale. Mais comme ce n’est pas pour cet attribut que je lui demande de me tenir compagnie, j’en fais abstraction.

Voici donc mon curriculum vitae en quelques lignes, et le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne m’embaucherais pas comme baby-sitter moi-même. Ce qui vous démontre que Libby m’estime beaucoup trop, ou manque totalement de discernement.

Après avoir affronté le métro, et presque couru sur le kilomètre qui sépare la maison de Libby de la station la plus proche, j’arrive enfin. Je sens que mon chignon fait à la va-vite se casse la figure, que je suis essoufflée, mais peut-être que si j’ai l’air de m’être dépêchée, mon amie ne m’en voudra pas trop.

Elle m’ouvre la porte et m’accueille avec un sourire qui remonte jusqu’à ses oreilles. J’ai un doute. Soit j’ai mal compris l’heure et je suis dans les temps – peu probable –, soit elle est sous l’emprise de substances hallucinogènes – encore moins probable –, soit elle est tellement heureuse à l’idée d’avoir un après-midi de libre qu’elle est prête à tout me pardonner.

— Désolée pour le retard, m’excusé-je dans le doute.

— T’inquiète, je savais que tu serais en retard, je t’ai donné une fausse heure de rendez-vous.

Nom d’une tartine brûlée ! Cette fille me connaît trop bien ! Je suis un peu vexée qu’elle ait recours à de tels subterfuges pour me voir arriver à l’heure, mais est-ce que je peux en vouloir ? Pas vraiment.

Je ne suis jamais à l’heure.

Jamais.

Je lui réponds par un petit rictus crispé, elle ne semble pas s’en formaliser et me fait signe de la suivre à l’intérieur.

Sa maison ressemble à celle d’une famille normale. Du moins à l’idée que je m’en fais. C’est-à-dire à mille lieues de celle dans laquelle j’ai grandi. Ici, les pièces sont chaleureuses. Il y a des photos des enfants un peu partout, des jouets qui traînent aussi. La décoration est soignée, sans pour autant qu’on se croie dans un appartement-témoin. On se rend compte qu’une famille aimante y vit tous les jours, on s’y sent bien.

— Kyle ! Keira ! Julia est arrivée !

J’entends que l’on court à l’étage, et quelques instants plus tard, ce sont deux petites fusées blondes qui dévalent l’escalier. Keira se jette sur moi et ceinture mes jambes – une tentative de câlin, je suppose ? Kyle se la joue plus cool et me salue d’un hochement de tête, mais je vois à son regard brillant qu’il est tout aussi excité que sa sœur à l’idée de passer l’après-midi avec moi. Je ne sais pas si c’est une bonne chose.

— Je vais chercher mon manteau, annonce-t-il.

— Ma puce, lâche Julia et va prendre le tien également, demande Libby à sa fille qui est à deux doigts de me couper la circulation dans les jambes. Vous avez de la chance, il fait un temps superbe, rajoute-t-elle à mon attention.

— Euh… oui, balbutié-je.

Comment dire ? Je n’avais pas vraiment eu l’intention de sortir avec les enfants. Je pensais qu’on se contenterait de jouer ensemble aux Playmobil, aux Barbie ou à un jeu de société, tiens ! Dans un espace clos, où j’ai peu de chances de les perdre… J’aurais même pu leur apprendre à tirer les cartes. Mais apparemment, ils ont élaboré un autre plan sans moi.

— Vous devriez aller au parc, il faut en profiter ; d’ici quelques semaines, il fera trop froid.

— Oui, au parc, très bonne idée, réponds-je comme un robot.

— Kyle va vouloir prendre son ballon de basket ; rappelle-lui qu’il n’a pas le droit de jouer avec avant d’arriver au parc, c’est dangereux sur le trottoir. Keira emporte toujours sa trottinette ; insiste pour qu’elle mette bien son casque. J’ai prévu des goûters, ils sont sur le comptoir de la cuisine. Keira va te réclamer une glace ; ne cède pas, sinon elle n’avalera rien au dîner…

Elle continue sa liste de recommandations et je me demande si elle n’aurait pas mieux fait de me mettre tout ça par écrit, et de me l’envoyer au préalable, histoire que je le mémorise. Parce que je ne suis pas certaine d’en retenir la moitié. Et plus la liste s’allonge, plus je sens l’angoisse me saisir. Je suis à deux doigts d’annoncer à Libby que tout compte fait, je ne me crois pas capable d’assumer ses deux gosses tout un après-midi.

— Tu ne peux pas savoir comme le fait que tu aies proposé de les garder me rend service ! J’ai vraiment besoin de cet après-midi pour souffler. Je te dois une fière chandelle !

Non, je ne vais pas lui annoncer que j’ai trop peur de perdre ses gosses dans Boston et que je renonce. Je vais juste essayer de me comporter en adulte responsable, et de lui rendre sa progéniture en un seul morceau. Après tout, il y a des tas d’irresponsables qui sont parents et qui arrivent à faire grandir ces petites bêtes sans trop les abîmer. Si eux y réussissent pendant dix-huit ans, je devrais m’en sortir pendant… quoi ?… quatre heures maximum ?

Je repousse la voix qui s’insinue dans ma tête : Il y en a qui n’y arrivent pas si bien que ça non plus.

— De rien, je suis heureuse de te rendre ce service, réponds-je à Libby avec un autre de mes sourires crispés.

C’est moi qui aurais besoin de me détendre.

Libby part embrasser ses enfants, et certainement de peur qu’on la séquestre si elle ne s’en va pas tout de suite – ou que je change d’avis –, se rue vers la porte d’entrée. Elle revient quand même sur ses pas pour me demander de veiller à ce que Keira ferme son manteau, et disparaît à l’extérieur.

Je me retourne vers les deux terreurs qui ne semblent pas du tout affectées par le départ de leur mère. Elles trépignent d’impatience ; et comme prévu, le ballon et la trottinette sont de sortie.

***

— Kyle ! Ne jette pas du sable sur ta sœur !

Nom d’un café brûlant ! Ces deux-là vont avoir ma peau avant la fin de l’après-midi ! Je n’avais pas idée qu’il était humainement possible d’obtenir un taux de bêtise à l’heure si important. Mais si, Kyle est un champion dans ce domaine, apparemment. À ceux qui cherchent l’épuisement aussi bien physique que psychologique, je ne recommanderais pas une séance de sport mais un après-midi avec ce gosse. Je suis lessivée. Et il est tout juste seize heures. Si j’avais su, j’aurais fait une cure de ginseng avant de venir.

Bon, maintenant, il creuse le sable. Espérons que ça l’occupe un moment ! La dispute avec sa sœur semble oubliée puisqu’elle l’aide vigoureusement. Je repense avec nostalgie aux nombreuses heures que j’ai passées à jouer moi aussi dans le sable avec mon frère. Notre tas à nous ne se trouvait pas dans un joli jardin d’enfants arboré et tout neuf, mais plutôt dans un terrain vague à proximité de notre mobile home. Pourtant, j’y ai peut-être vécu les heures les plus joyeuses et insouciantes de mon enfance. C’est également le premier endroit où j’ai pu exprimer ma créativité. Je me revois dessinant des paysages éphémères en ravinant parmi les gravillons à l’aide d’une branche, et pleurer ensuite parce que Grant venait les détruire en marchant dessus.

Perdue dans mes souvenirs, je n’avais pas remarqué que Kyle et Keira ont creusé un sacré trou. Quelques gamins les ont rejoints pour leur prêter main-forte et les encourager. D’après leurs piaillements, ils essayent d’attraper un trésor. Certainement un caillou qui brille un peu plus que les autres. Avec tout le boucan qu’ils font, je vais être bonne pour me taper un mal de tête carabiné d’ici peu. Décidément, les enfants, c’est beaucoup trop bruyant pour moi. Et tout ce est totalement incompatible avec mon besoin de concentration pour mon travail. Du coup, je suis quasiment certaine de ne pas en avoir avant un bon bout de temps. Je n’irais pas jusqu’à dire jamais, je pense qu’un jour peut-être, je serai posée, avec un job stable, un appartement qui ne sent pas les relents d’ail de ma voisine, et surtout avec un homme qui me donne envie de concevoir un petit être fait de la chair de nos chairs. Mais pour l’instant, je préfère m’entraîner, enfin… prendre du bon temps, quoi ! En parlant de ça, je comprends que pour faire passer mon futur mal de tête, rien ne serait mieux que quelques galipettes avec mon étalon du moment. Je dégaine mon portable et envoi un texto à Dimitri – l’homme-pyramide – pour lui demander s’il est libre ce soir. J’ai à peine le temps de glisser mon téléphone dans la poche de mon manteau, que des cris différents de ceux émis jusqu’à présent attirent mon attention. Ils ne ressemblent plus aux éclats de voix des jeux et disputes habituels, ils signifient : Problème grave !

Je saute du banc sur lequel je m’étais assise il y a quelques minutes, et je cours vers les enfants. Kyle est allongé dans le sable, le bras toujours dans le trou, et se contorsionne comme un asticot. Je pousse un ou deux gamins pour pouvoir m’approcher de la scène, et passé quelques secondes de confusion, je comprends que son bras est coincé.

— Ne bouge pas, bonhomme ! Je vais t’aider !

Je m’agenouille à côté de lui, et j’essaye de ne pas paniquer. Ce n’est pas le moment de l’affoler – lui ou sa sœur qui a déjà l’air au bord des larmes. Je tente de comprendre la situation, comment a-t-il pu se retrouver le bras coincé ?

— Je voulais attraper le trésor, me dit-il dans l’espoir, certainement, de justifier comment il a pu se retrouver dans cette position.

Je lui fais un petit sourire encourageant. Je saisis maintenant ce qu’il s’est passé. Kyle et Keira ont creusé un beau trou façon tunnel, et gênés dans leur progression par ce qui ressemble à du béton ou une canalisation, ont réussi la prouesse technique de lui faire faire un coude – croyez-moi, ce n’est pas facile sans que les murs de sable s’écroulent. Il faut donc que j’élargisse le boyau pour lui permettre de retirer sa main. Je plonge mes deux mains dans le sable pour commencer à creuser. Heureusement que je ne suis pas du genre à avoir une manucure impeccable car elle aurait été ruinée en moins de deux secondes. Je sens les petits grains s’insinuer sous mes ongles, sensation familière que j’avais pourtant oubliée. Lorsque j’estime que j’ai dégagé assez de matière pour que Kyle tente de retirer son bras, je lui demande d’essayer tout en y allant doucement. Le garçonnet suit mes conseils et j’observe avec soulagement sa main ressortir de sa prison de gravillons. Je comprends alors que j’ai dû retenir ma respiration pendant un bon moment. Keira semble heureuse elle aussi de voir son frère enfin délivré.

Hélas, mon apaisement est de courte durée, car en regardant le bras du fils de mon amie, j’aperçois un filet rouge qui coule.

Du sang.

La panique s’empare de moi, et je saisis son membre pour l’examiner de plus près. Je découvre une entaille sur son avant-bras ; lui ne semble même pas l’avoir remarqué.

— Qu’est-ce que c’est que ça ? croassé-je.

Je sens un frisson glacé parcourir ma moelle épinière. Mes mains sont moites et mon cerveau me hurle : Julia, réagis ! Fais quelque chose !

Vous voyez ce moment où vous êtes totalement pétrifié et que votre esprit prend un malin plaisir à vous faire visualiser l’enfer que va devenir votre vie ? Je suis en train de le vivre. Je m’imagine déjà à l’hôpital, les médecins m’annonçant qu’ils n’ont pas pu sauver son bras. Libby qui pleure toutes les larmes de son corps en découvrant son fils estropié. Le procès qu’ils intentent contre moi, son mari et elle, pour ne pas avoir surveillé correctement Kyle. Mon incarcération, l’obligation de porter une tenue orange hideuse, mais surtout, mon combat pour survivre parmi mes codétenues. Dans la famille, certains d’entre nous ont l’habitude de passer du temps derrière les barreaux, mais pas moi !

— Julia ! m’interpelle Kyle, me faisant du coup sortir de mes pensées.

— Oui ?

— Tu aurais un mouchoir pour que je puisse me nettoyer ? Je ne veux pas que maman me gronde si je tache ma veste.

Je secoue la tête et plonge la main dans la poche de mon manteau. Je finis par trouver l’objet recherché et j’essuie son bras. Le sang coule toujours, la blessure ne m’a pas l’air si superficielle que cela. Je ne peux pas me contenter d’une vague compresse sur sa peau, je dois lui faire voir un médecin immédiatement !

— Les enfants, ne paniquez pas ! C’est trois fois rien, mais on va quand même aller consulter un docteur pour qu’il examine tout ça.

Ils me fixent d’un air dubitatif ; je vois les petits yeux de Keira se mouiller, puis soudain, elle éclate en sanglots.

Le « ne paniquez pas » était de trop. À moins que ce soit mon attitude affolée. Ou alors le fait que je suis en train de regrouper toutes nos affaires à la vitesse de l’éclair.

Kyle ne pleure pas, mais je vois qu’il n’en mène pas large.

— Je voulais juste attraper le trésor, dit-il d’une petite voix.

Je m’accroupis face à lui pour le regarder dans les yeux, je prends une grande inspiration pour me calmer. J’ai bien remarqué que c’est moi, la source de son stress, et pas la blessure en elle-même.

— J’ai compris, mon grand, je sais bien que tu n’as pas fait exprès de t’amocher. On va juste vérifier que ton bobo n’est pas trop grave.

— Tu pourras garder mon trésor pendant que le docteur va me soigner ?

— Bien sûr. Tu veux que je le mette dans mon sac dès maintenant ?

Il hoche la tête et ouvre son petit poing qu’il tenait serré depuis tout à l’heure.

Et là, mon souffle se coupe.

Il y a vraiment un trésor dans la main de Kyle.

Sous la forme d’une bague. Non, en fait, c’est plus qu’une bague.

Il s’agit d’un énorme diamant comme je n’en ai jamais vu !

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Ce récit est plein d’humour, de réflexions piquantes, de situations amusantes et sa lecture nous fournit un très bon moment de détente.

  • Versions : Kindle (Amazon), Papier (Prisma)
  • Nombre de pages : 336
  • Série : Bay Village #2
  • Date de sortie : Janvier 2018