Les coulisses de l’écriture : un soupçon d’imprévu

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Un soupçon d’imprévu est sorti il y a quelques jours, et je reçois déjà vos commentaires (enthousiastes !) sur l’histoire de Romy et Alistair. Comme je sais que vous aimez bien que je vous raconte quelques anecdotes sur la création des livres, voici un article sur comment j’ai écrit Un soupçon d’imprévu.

Comme beaucoup de mes livres, celui-ci n’était pas vraiment prévu (haha). En 2018, nous avions convenu avec mon éditrice de l’époque que je publierais deux livres chez Montlake : Quand l’amour s’en mail et L’amour est dans le chai.

Si vous êtes du genre à vous souvenir des histoires (pas comme moi en fait) vous savez que Romy fait une petite incursion dans le premier grâce à une scène où les jumeaux Pons se rendent à la boulangerie. Ce n’est que dans l’amour est dans le chai que Romy devient un personnage plus important avec la mise en lumière du fameux club des « Célibataires malgré elles ».

J’avoue que je me suis vite attachée à ces personnages, si bien qu’il fallait qu’Oriane, Elena et Romy aient elles aussi une histoire. J’avoue, celle d’Oriane j’y songeais depuis un petit moment, mais Romy… Et puis un jour, sous ma douche (l’endroit où je trouve la plupart de mes idées) j’ai eu une révélation. Romy allait voir toutes ses copines se caser, et elle allait rester un peu sur la touche, son histoire aurait lieu bien plus tard que celles de ses copines. Parce qu’honnêtement, dans la vraie vie, quels sont les groupes de copines où tout le monde trouve chaussure à son pied en l’espace de quelques mois ? Et comme vous le savez, même si l’écriture me permet de faire des digressions avec la vraie vie, j’aime quand même que mes personnages paraissent réels.

Pour la suite, les éléments se sont imbriqués peu à peu, comme toujours quand je construis mes histoires. Pour l’envie d’être mère, je n’ai pas eu à chercher bien loin. Un jour, une de mes amies qui avait sensiblement l’âge de Romy m’a dit : tu sais, si jusqu’à présent je me suis toujours dit qu’avant d’avoir un enfant, il allait falloir trouver son papa, je suis en train de réfléchir à d’autres solutions. Et cette simple phrase m’a donné envie de parler de ce sujet, de cette envie d’être mère que peuvent ressentir certaines femmes qui voient les années passer et pas de bébé à l’horizon.

Mais je n’avais pas envie de laisser les autres sur la touche : celles qui ne veulent pas d’enfants, celles qui ont choisi de n’en avoir qu’un seul, celles qui les ont eus jeunes, celles qui en veulent beaucoup, et celles et ceux qui doivent se battre pour en avoir, quelle qu’en soit la raison. Bien entendu, mon livre reste une romance et une comédie, et n’est certainement pas un exposé sur les différentes façons d’être parent (ou pas), mais j’aime bien toucher des sujets d’actualité dans mes écrits. Alors, pour celles et ceux qui l’ont déjà lu, vous y avez découvert notamment une scène entre Romy et ses amies qui parle justement de ces différentes façons d’aborder la maternité.

En tant que maman de trois filles, je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a demandé : si la troisième était voulue ? Si je n’étais pas trop triste que ce soit encore une fille ? Si j’avais essayé d’avoir un garçon ? Sans parler de la question qu’on me posera encore et encore jusqu’à ma ménopause, je suppose : et le garçon, c’est pour quand ?

Cette petite scène entre Romy et ses copines, c’est ma façon à moi de dire à toutes ces questions : lâchez-nous l’utérus !

Si en la lisant, une ou deux personnes ont pu prendre conscience que ces questions peuvent être parfois déplacées ou blessantes, alors tant mieux.

Et Alistair dans tout ça ? D’où m’est venue l’idée de cet anglais plus jeune que Romy ?

Je n’avais pas vraiment prévu qu’il soit plus jeune qu’elle, juste qu’il soit à un moment différent de sa vie qui fasse qu’il n’ait pas spécialement envie d’avoir des enfants tout de suite. Puis, en ayant une discussion sur la différence d’âge dans un couple avec une autre autrice, j’ai eu un flash : si Romy est démangée par son horloge biologique, ça serait encore mieux que le héros lui ne voit pas l’intérêt de se presser. Bien entendu, ce ne sont pas les seuls obstacles qu’ils vont rencontrer, mais ça fait déjà un beau départ !

Et pour le reste, si vous connaissez un peu ma façon d’écrire, vous savez que je n’ai pas besoin d’avoir toute l’histoire pour me lancer dans l’écriture. J’ai découvert mes personnages peu à peu, et ajouté des caractéristiques au fil de l’écriture.

Comparé à d’autres livres, j’ai eu du mal à écrire cette histoire. Pourquoi ? Peut-être parce que j’avais peur de vous décevoir. Je savais que vos attentes pour ce dernier tome étaient importantes, et je ne voulais pas vous décevoir. Et j’ai écrit ce tome dans des conditions un peu particulières. Je l’ai commencé début 2020, et à partir de mars, quand l’actualité est devenue morose avec la crise du coronavirus, j’ai eu un peu de mal à me motiver.

Je voulais vous offrir quelque chose de drôle, et c’est très dur quand on n’arrive pas soi-même à rire. Heureusement, j’ai pu compter sur des soutiens de taille. En premier lieu, Charlotte Munich et Marion Olharan qui m’ont embarquée dans un week-end co-working à Lyon où nous avons écrit, et brainstormé entre deux bouchons lyonnais et une visite à Fourvière. Ensuite, il y a eu le soutien virtuel d’Olivia Rigal et les sessions d’écriture connectées avec d’autres autrices. Honnêtement, quand j’ai eu fini ce tome, j’avais l’impression d’avoir couru un marathon (et vu comme je suis peu sportive, c’est un exploit). Je n’ai ensuite pas pu le relire pendant des semaines. Finalement, quand je l’ouvre aujourd’hui, je suis assez fière du résultat.

Et vous qu’en avez-vous pensé ?

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