Coup de foudre & quiproquos – Bay Village #1

Disponible en librairie

Il existe deux éditions de ce livre (Montlake Romance et Editions Prisma) il y a donc deux couvertures différentes !

Tome 1 de la série Bay Village

Résumé

À la mort de sa tante adorée, Amy décide de reprendre son café « Chez Josy », situé en plein cœur de Boston. Trois ans plus tard, le bilan est mitigé : si Amy est épanouie dans son travail, il accapare toute son énergie et sa vie personnelle en souffre. Bien décidée à ce qu’elle ne reste pas célibataire à la veille de ses 30 ans, sa mère lui présente le lieutenant Tom McGarrett, de la police de Boston, lors d’un dîner de famille…

Leurs chemins ne tardent pas à se recroiser car, dès le lendemain, Amy est victime d’un braquage. Et comme si cela ne suffisait pas, son employée Amber disparaît mystérieusement. Amy décide alors de prendre les choses en main et de mener sa propre enquête, qui la mène dans les milieux troubles de Boston et dans l’entourage du séduisant mais dangereux chef de gang Cole.

Entre le gendre idéal et le bad boy, son cœur balance… Qui Amy choisira-t-elle ? Réussira-t-elle à retrouver Amber et les responsables du braquage ?

Ce roman à trois voix est le premier tome d’une trilogie romantique et enlevée dont vous deviendrez vite accro !

Extrait

Chapitre 1 : Amy

— C’est l’amour de ma vie, c’est certain.

Voici le genre de phrase qui, prononcée avant même qu’il ne soit sept heures du matin, mérite qu’on y prête un minimum attention. Du moins, dans le contexte où nous sommes. Je vous brosse le tableau : Amber, l’auteure de cette affirmation importante, nettoyant la vitrine à pâtisseries le regard perdu dans un monde peuplé d’angelots et de nuages roses ; Shelly, mon autre employée, s’affairant entre la réserve et le comptoir pour préparer tout ce qui va nous être nécessaire dans les prochaines heures ; et moi, comptant les billets pour le fond de caisse.

Oui, car à cette heure-ci, alors que certains s’apprêtent à aller se coucher après une soirée bien arrosée, nous trois, nous commençons notre journée de travail au café.

— Pardon ? questionné-je en partie pour me remettre de mes émotions, et être certaine que mon ouïe ne me faisait pas déjà défaut.

— Sebastian, c’est le bon. C’est l’homme de ma vie. C’est une évidence.

Le pire, c’est qu’elle n’a pas l’air de plaisanter. Elle exhale cette aura propre à deux types de femmes : celles qui sont enceintes – et qui ne sont pas sujettes aux nausées matinales –, et celles qui sont éperdument et terriblement sous l’emprise d’un amour nouveau, profond et sincère. Donc à six heures trente du matin, elle a un teint de rose, les yeux brillants, et un sourire niais collé au visage, alors que moi… je vous laisse imaginer.

Le fait qu’elle n’ait que dix-huit ans et quatre jours – alors que j’affiche vingt-neuf ans et quatre mois au compteur – joue peut-être un peu en sa faveur également. Et d’ailleurs, que connaît-on de l’amour à cet âge-là ? Comment peut-on savoir qu’un homme est destiné à être celui qui nous accompagnera toute la vie, alors qu’on la commence à peine ?

Je me retiens de lui poser la question, car je ne veux pas être désagréable avant même l’ouverture du café, mais Shelly n’a pas les mêmes scrupules apparemment.

— Comment peux-tu en être sûre ? Tu n’es encore qu’un bébé, ta vie vient à peine de commencer !

Shelly a la bonne quarantaine, même si elle jure depuis trois ans que je travaille avec elle qu’elle n’en a que trente-huit – elle oublie que sa date de naissance est inscrite sur sa fiche de paye. Du coup, en tant qu’aînée de notre petite équipe, elle se permet régulièrement de nous faire profiter de son expérience de vie, le fait que je sois sa patronne ne l’empêchant aucunement de me prodiguer ses bons conseils.

— Je ne suis pas un bébé ! Tu es simplement jalouse, voilà tout !

— Moi ? « Jalouse » ? ricane Shelly. Je suis parfaitement épanouie dans ma vie amoureuse, très chère ! Je n’ai rien à t’envier.

Sentant que nous sommes à deux doigts d’un dérapage, je décide d’intervenir pour calmer les esprits.

— Amber, ce que Shelly essaye de te dire, c’est qu’elle a peur que tu t’enflammes un peu trop vite pour ce garçon que tu connais à peine, et elle n’aimerait pas qu’il te fasse souffrir plus tard. Elle s’inquiète juste pour toi – n’est-ce pas, Shelly ?

Je regarde cette dernière en grimaçant, de façon à l’enjoindre de rentrer dans mon jeu.

— Oui, bien sûr, c’est tout à fait ça, acquiesce-t-elle en levant les yeux au ciel.

Amber n’a pas l’air d’y croire une seconde.

— Je sais que Sebastian ne me fera pas souffrir. Il m’aime, lui aussi. Il me traite comme une princesse, et c’est quelqu’un de bien, qui travaille dur. D’ailleurs son patron vient de lui accorder une promotion, et il a promis de m’emmener quelque part pour fêter ça.

— Eh bien, c’est fantastique. Je suis heureuse pour toi.

L’enthousiasme devait manquer dans ma réponse, car Amber plisse les yeux et soupire.

— Je sais que vous pensez que je suis trop jeune pour trouver l’homme de ma vie. Mais moi au moins, je fais quelque chose pour le trouver ! Tout le monde n’ambitionne pas de finir vieille fille avec des chats.

Ça y est ! J’ai vraiment perdu le compte de mon fond de caisse ! Je la dévisage, interloquée, réprimant de justesse un hoquet de surprise. C’est la première fois qu’elle se permet de s’adresser à Shelly ou moi de cette façon ! Et je pense que cette pique m’était clairement destinée. D’autant que Shelly ne semble pas avoir pris ces mots pour elle. L’idée qui me vient immédiatement à l’esprit est : je n’ai pas de chat. Mais la vérité, c’est que si je n’en ai pas, c’est parce que j’y suis allergique ; sinon, il est fort probable que j’aurais déjà franchi le pas.

— Si je ne suis pas célibataire, ce n’est pas parce que je ne veux pas d’homme dans ma vie ! Je n’ai tout simplement pas rencontré le bon, répliqué-je sèchement.

Je ne devrais pas perdre de temps à me justifier auprès d’une gamine, qui plus est une de mes employées ; mais je ne peux m’en empêcher.

Shelly fait une tentative un peu bancale de plaidoirie en ma faveur :

— Tu sais, il m’a fallu des années avant de me rendre compte que Bruno était l’homme de ma vie. Tu as beau l’avoir juste sous ton nez, il est parfois dur de voir l’évidence.

Cette fois-ci, je replonge mon nez dans le tri des billets d’un dollar. Je n’ai pas envie d’encourager l’une d’entre elles à me parler de ma vie amoureuse ou de la leur. Surtout pas celle de Shelly.

— Amy, pour rencontrer un homme, il faudrait déjà accepter de leur parler, dit Amber.

— Je parle à un tas d’hommes ! m’indigné-je.

— Passer les commandes aux fournisseurs ne compte pas, Amy. Ni parler aux clients du café… Surtout quand ceux-ci ont plus de cinquante ans.

— S’ils ont un pénis, alors techniquement, ce sont des hommes, argumente Shelly.

— Je n’arrive pas à croire que tu as dit le mot pénis au travail ! s’offusque Amber.

Elle place sa main devant sa bouche grande ouverte. On dirait une enfant qui vient d’entendre un de ses parents lâcher un gros mot. Apparemment, avoir dix-huit ans ne rend pas adulte pour autant.

— Je croyais que tu étais majeure depuis une semaine, la taquiné-je. Ne me dis pas que pénis est un nouveau mot pour toi…

— Euh… non, admet-elle en baissant les yeux.

— Mais je me demande effectivement ce que penserait Bruno, s’il savait que tu parles de pénis au travail… dis-je à Shelly avec un petit sourire sarcastique.

Je ne pensais pas qu’elle me prendrait au pied de la lettre. Elle blêmit et grommelle une sorte d’excuse, puis part se réfugier dans la réserve.

Amber n’a pas tout à fait tort concernant mes relations avec les hommes. On ne peut pas dire que durant les deux ans où elle a travaillé pour moi, elle m’ait vue souvent en compagnie du sexe opposé. En fait, jamais.

La faute à qui ? À quoi ?

Je dirais : une combinaison de plusieurs facteurs. Le principal étant que je n’ai pas une minute à moi depuis environ… trois ans.

J’avais une tante qui s’appelait Josie. Alors oui, là, tout de suite, vous vous demandez ce que peut bien venir faire ma tante dans l’histoire, et quel rapport elle a avec mon absence de vie amoureuse. Eh bien, figurez-vous que Josie tenait un café dans Bay Village à Boston. J’adore ce quartier, avec ses coquettes maisons de briques rouges, ses rues ombragées et ses petites boutiques d’artisanat. Mais on y reviendra plus tard.

Josie ne s’est jamais mariée, c’était un esprit libre et l’idée même du mariage ne l’emballait pas trop. Elle a vécu une vie pleine d’aventures à travers le monde, et lorsqu’elle a enfin décidé de poser ses valises, c’est dans son Boston natal qu’elle l’a fait. À mon avis, en grande partie à cause de nous – mes parents, ma sœur et moi. Et j’ose parfois même penser : plus particulièrement à cause de moi. Elle a repris un petit café décrépit, et l’a transformé en un endroit chaleureux et élégant à la fois.

Josie a continué de voyager par l’intermédiaire de ses clients pour qui elle était une oreille attentive. Et eux-mêmes ne se lassaient pas d’entendre ses récits qui s’enrichissaient au fil des ans d’anecdotes parfois réelles, mais souvent sorties de son imagination.

Ses histoires, je les connaissais par cœur. J’ai passé une bonne partie de mon adolescence à faire mes devoirs sur la vieille table en bois verni du fond, ou plus tard sur la petite terrasse, à l’ombre des parasols crème. Son café, c’était un peu mon refuge. Et tante Josie ma confidente. La seule adulte avec qui je pouvais discuter de mes tracas. Je me suis souvent demandé pourquoi j’arrivais si bien à communiquer avec elle, alors que j’étais totalement incapable de le faire avec ma propre mère – c’est toujours plus ou moins le cas d’ailleurs. Mais Josie a disparu avant que je résolve ce mystère. Tuée par le sucre. Enfin, pas directement, hein ! Plutôt à cause d’un excès de glucose permanent qui a fini par la mener tout droit à la crise cardiaque. Je la revois toujours, riant à une blague de M. Connelly, un habitué ; puis l’instant d’après, s’écroulant sur son cappuccino. Du reste, il n’en a jamais recommandé, du moins pas ici. Je crois qu’il s’en veut un peu, qu’il a l’impression de l’avoir tuée, alors que les médecins nous ont assuré que c’était plutôt la faute des fondants choco-banane.

Bref, une fois Josie disparue, nous nous sommes retrouvés – ma mère, mon père, ma sœur Carolyn et moi – chez le notaire. Et il faut dire qu’elle avait tout prévu, Josie. À Carolyn, elle a légué son impressionnante collection de masques africains. Ma sœur et son mari étaient à l’époque des amoureux des espaces épurés, voire aseptisés, ressemblant à des appartements-témoins. Tante Josie a toujours été facétieuse, vous auriez dû voir leur tête le jour où les déménageurs ont débarqué chez eux avec une dizaine de cartons pleins à ras bord. Depuis, leur maison a bien changé, elle pourrait figurer dans un catalogue Toys’R’Us.

À mes parents, elle a légué son chien Toby. Ma mère déteste les animaux autant que mon père les adore. Devant l’enthousiasme de mon paternel à recueillir le pauvre labrador orphelin, elle n’a pas eu le cœur de refuser les dernières volontés de sa défunte sœur – qui, à mon avis, l’a fait exprès, elle adorait mon père. Bon, ma génitrice a bien tenté un peu de protester, mais elle a fini par céder. Ce qui n’est pas dans ses habitudes. En fait, je crois qu’elle a complètement oublié le chien à partir du moment où le notaire a annoncé ce qui me revenait dans l’héritage de tante Josie : le café.

À ce moment-là, fraîchement diplômée de la prestigieuse université de Harvard, j’occupais un poste dans une grande entreprise d’informatique, au service financier. Je menais une vie très routinière et sans intérêt. J’avais un petit ami, des amis, un bon salaire, mais je m’ennuyais. Je suis restée un peu pantoise lorsque le notaire a annoncé que j’héritais de l’affaire. J’avais pensé – non pas que j’y avais beaucoup réfléchi, à vrai dire – que logiquement, ma mère hériterait de tout, que nous nous partagerions quelques bibelots, et qu’elle vendrait rapidement le café.

Il m’a fallu une nuit pour prendre ma décision. Le lendemain, je posais ma démission et je reprenais Chez Josie.

Depuis, je travaille de l’ouverture à la fermeture presque tous les jours. Je suis très fière de ce que j’ai accompli ces trois dernières années, même si c’est au sacrifice de ma vie personnelle. Mon petit ami n’a pas tardé à me quitter, il en avait marre de se lever seul le matin, et de me voir m’écrouler dans le lit à peine rentrée le soir. Je ne peux pas vraiment lui en vouloir.

Ce travail a complètement changé ma vie. Je comprends pourquoi Josie l’aimait tant. Je me trouve plus épanouie, plus vivante, même si j’avoue volontiers qu’il consume toute mon énergie. Je suis consciente qu’il me manque quelque chose pour être totalement heureuse. Car bien que je n’aie aucune envie d’en discuter avec Amber et Shelly, je sais qu’avoir une véritable relation amoureuse me tente. Avoir quelqu’un qui m’attend le soir quand je rentre, à qui raconter ma journée. Partager avec un homme plus qu’une blague en lui tendant son café, et qui pourrait accessoirement me protéger en cas de face-à-face avec une araignée velue. Et honnêtement, je suis déterminée à ne pas finir comme Bridget Jones, à vider des pots de crème glacée en chantant « All by Myself [1] » seule ou avec pour unique compagnie des collègues de travail entre deux âges. Le problème, c’est que je ne sais pas trop comment m’y prendre. Avant de me retrouver célibataire, j’étais avec mon petit ami depuis quatre ans. Cela fait trop longtemps que je n’ai pas joué le jeu de la séduction.

— Tu devrais sortir plus souvent, me lance soudainement Amber après quelques minutes de silence.

Je croyais la conversation sur ma vie sentimentale terminée ; mais je me suis trompée, apparemment.

— Mais je sors souvent !

— Ah oui ? Qu’est-ce que tu fais ce soir ?

— Je mange chez mes parents, admets-je à contrecœur.

— Tu vois ! jubile-t-elle.

— Ce n’est pas parce que je vais chez mes parents que je ne sors pas ! D’ailleurs, je sors demain soir !

Je n’en reviens pas de devoir me justifier à une gamine de dix-huit ans. Et je suis bien heureuse d’avoir quelque chose de prévu, histoire de lui clouer le bec.

Amber lève un sourcil soupçonneux et me demande :

— Avec un homme ?

— Non, c’est une sortie entre copines ; mais ça n’empêche pas de faire de nouvelles rencontres.

— Hum hum.

Elle n’a pas l’air convaincue.

Ce que j’oublie royalement de lui préciser, c’est qu’il s’agit en fait d’une soirée de mon groupe de lecture, et que nous avons prévu de nous retrouver chez mon amie Maddie. Donc le seul individu masculin que je risque de croiser, c’est le livreur de pizza.

— Les soirées entre filles, ce n’est pas la meilleure occasion pour rencontrer un homme sérieux.

Tiens, visiblement, Shelly a fini de bouder dans la réserve.

— Si tu veux avoir une chance de trouver quelqu’un de bien comme mon Bruno, ce n’est pas en écumant les boîtes de nuit louches que tu vas y arriver.

Je vais pour répliquer que sortir dans une boîte de nuit louche en quête de l’amour n’est vraiment pas à mon programme, mais je laisse glisser. Si parler de ma vie sentimentale avec Amber est déjà un peu bizarre, je crois que je n’ai aucun conseil à recevoir de Shelly sur la manière de trouver l’âme sœur.

Oui, car Shelly est en couple avec Bruno Mars. Vous savez, le chanteur au sourire charmeur et à la cool attitude assumée ? Le seul détail, c’est que lui n’est pas au courant. Mais elle est totalement persuadée d’être la femme de sa vie depuis qu’elle l’a entendu chanter « Just the Way You Are [2] ». Elle pense qu’il a écrit cette chanson pour elle. Elle est certaine que lorsqu’ils auront enfin l’occasion de se rencontrer en chair et en os, il la reconnaîtra comme celle qu’il attend depuis toujours, et qu’il la traînera à l’autel comme dans « Marry You [3] ». Je n’ai jamais osé lui demander si elle était au courant qu’il a presque vingt ans de moins qu’elle et qu’il n’est pas célibataire…

J’ai appris depuis longtemps à ne pas la contredire dans son délire. Du moment qu’elle reste efficace au travail, je n’ai pas vraiment à m’en mêler. Elle était employée au café du temps de ma tante, et si l’on met de côté son étrange obsession marsienne, c’est une serveuse plutôt compétente, et elle prépare le meilleur cappuccino du monde !

Nous formons avec Amber et elle une équipe assez originale mais qui fonctionne bien. D’ailleurs, je suis assez fière de voir que les finances du café se portent de mieux en mieux. Si Shelly est employée ici depuis presque une décennie, j’ai embauché Amber il y a environ deux ans. Elle travaille au café principalement après les cours et les week-ends. Elle a eu une enfance un peu chaotique ; abandonnée par ses parents, elle a été élevée par sa grand-mère qui peine à joindre les deux bouts. Je me souviendrai toujours du moment où elle a poussé la porte du café pour me déposer son CV. Avec ses longs cheveux blonds bouclés, ses grands yeux noirs et sa silhouette toute fine, elle avait l’allure d’une brindille sur le point de se briser. Je n’avais pas encore les moyens d’embaucher quelqu’un d’autre à temps plein, mais je ne pouvais pas me résoudre à la laisser repartir avec une réponse négative. C’est comme ça qu’elle a commencé à venir nous donner un coup de main quelques heures par semaine, pour au fil du temps travailler presque tous les après-midi et les week-ends.

Malgré sa curiosité à mon égard, c’est une employée modèle qui ne rechigne pas à la tâche. Elle rêve de décrocher une bourse pour intégrer l’université de Boston à la rentrée prochaine, et j’espère sincèrement qu’elle y arrivera. Nous avons une relation très spéciale, elle et moi, que je n’ai pas avec Shelly. C’est moi qui l’ai aidée à remplir ses dossiers pour l’université, qui suis allée avec elle choisir sa robe pour son bal de promo, qui ai insisté pour qu’elle apprenne à conduire. Elle est la petite sœur que je n’ai pas eue.

Chapitre 2 : Amy

Il y a trois choses auxquelles je ne peux pas échapper dans la vie : les impôts, les taxes, et le frisson d’angoisse qui me saisit systématiquement quand je vais passer une soirée chez mes parents.

Ne vous méprenez pas, j’adore ma famille, mais j’aimerais juste qu’ils me laissent vivre ma vie comme je l’entends, sans commenter chacune de mes décisions lorsque je les vois. Enfin, j’apprécierais surtout que ma mère et ma grand-mère cessent de me harceler concernant ma vie amoureuse. On pourrait croire qu’avec ma sœur aînée Carolyn qui a déjà trois enfants – et seulement quatorze mois de plus que moi –, elles sont bien occupées, mais non. Apparemment, ça rend mon célibat encore plus visible.

Je grimpe les quelques marches qui permettent d’accéder à leur maison de brique rouge, dans le très huppé quartier de Beacon Hill. Je frappe quelques coups pour prévenir de mon arrivée, et j’entre directement. Je me débarrasse de mon manteau dans le hall, où flotte une agréable odeur de nourriture. Je me rends ensuite dans la cuisine, où je trouve ma mère vêtue d’un tablier, qui sort un énorme rôti du four.

— Bonsoir, maman, dis-je en m’approchant d’elle. Je croyais que nous étions seuls ce soir ?

« Seuls » voulant dire : mes parents, ma grand-mère et moi. Mais au vu de la taille de la pièce de viande, et du nombre de plats qui sont présents sur l’îlot de la cuisine, je suppose que j’ai mal compris. Ou alors, l’appétit de grand-mère s’est sacrément développé ces derniers temps.

— Bonsoir, ma chérie ; ta sœur et Andrew sont dans le salon, me répond ma mère.

Elle se tourne vers moi pour m’embrasser et grimace en me dévisageant.

— Oh, Amy ! Tu as encore coupé tes cheveux ! Quand vas-tu cesser de te coiffer comme une ado rebelle ?

Vous voyez, quand je parlais de mes parents qui commentent la moindre de mes décisions ? On est en plein dedans.

Je ressemble beaucoup à ma mère. Nous sommes petites toutes les deux – je culmine à seulement un mètre cinquante-cinq –, nous avons les mêmes yeux verts, et les mêmes cheveux auburn. À la différence que je les porte coupés à la garçonne depuis environ trois ans, et que ma mère déteste ça. Je l’ai fait au départ parce que je trouvais ça pratique, mais j’apprécie vraiment ma coupe. Alors tant pis pour les soupirs désolés de ma mère, et ses longues tirades sur la perte de ma chevelure abondante.

Elle détaille ma tenue. Je porte un jean et un pull noir. Je sens qu’elle va dire quelque chose, puis qu’elle se ravise. Je lui aurais de toute façon répliqué que je suis ici pour dîner avec eux, pas pour un concours d’élégance.

Je prends la direction du salon pour aller saluer le reste de la famille. Je ne pensais pas voir Carolyn et Andrew ce soir puisque nous sommes en pleine semaine et que Sarah, l’aînée de mes nièces, a école demain.

— Tata My !

Une mini-tornade rousse débarque en courant et se jette dans mes bras. Je l’attrape et la serre contre moi. J’adore son odeur de petite fille et ses boucles qui me chatouillent le visage.

Une fois le câlin terminé, je salue ses parents. Ma sœur a l’air fatiguée, Sarah et les garçons doivent encore lui en faire voir de toutes les couleurs.

En parlant des mini-monstres, ils jouent tous les deux dans un coin de la pièce. Ou plutôt, ils détruisent à grand renfort de cris une tour de cubes à l’aide de dinosaures en plastique. Je m’approche de Sean, l’aîné, et l’embrasse dans les cheveux ; puis j’attrape Connor, le plus petit, pour lui dévorer le ventre avec des bisous.

L’instant tata My fini, je me tourne vers le fauteuil où ma grand-mère catholique irlandaise passe le plus clair de ses journées depuis que mon grand-père a pris un aller simple pour chez saint Pierre. Sans surprise, elle y est assise, son chapelet à la main, et me détaille d’un œil suspicieux. Je déglutis nerveusement. Pourquoi ai-je toujours l’impression qu’elle sait exactement quels sont les péchés que j’ai pu commettre depuis notre dernière rencontre ?

— Bonsoir, grand-mère.

Elle marmonne quelque chose dans sa barbe que je dois considérer comme un bonjour, puis elle tourne la tête vers la télévision qui diffuse un reportage sur le pape François, apparemment plus intéressant qu’une discussion avec sa petite-fille.

Je file vers le bureau de mon père, trop heureuse d’avoir échappé à une possible inquisition de la part de ma grand-mère.

Je frappe un coup à la porte et tourne la poignée immédiatement. Il a toujours aimé que je vienne dans son bureau sans forcément attendre qu’il m’invite à y entrer. Je ne change donc rien à mes habitudes. Cependant, à peine ai-je mis un pied dans la pièce typiquement masculine, aux larges bibliothèques en bois foncé, que je m’aperçois que mon père n’est pas seul.

— Oh, pardon ! m’excusé-je en rebroussant chemin.

— Non, Amy, reste ! Nous avions fini, de toute façon.

Je me tourne vers mon géniteur, et l’homme assis en face de lui se lève et pivote pour me faire face.

— Amy, je te présente le lieutenant McGarrett de la police de Boston. Nous travaillons ensemble sur une affaire. Lieutenant, voici ma fille cadette, Amy.

— Enchanté de faire votre connaissance, répond l’intéressé.

Il s’avance pour me serrer la main. Il est beaucoup plus grand que moi, ce qui n’est pas dur sachant que j’atteins tout juste la taille minimum requise à l'entrée des montagnes russes de Six Flags. Il porte une chemise blanche qui contraste agréablement avec ses cheveux bruns savamment coiffés et ses yeux chocolat. Sa démarche est souple et pleine de confiance. Un large sourire s’affiche sur son visage, et se répercute jusque dans ses iris.

Il est vraiment charmant lorsqu’il sourit.

Je m’autoflagelle immédiatement pour cette pensée. Il travaille avec mon père !

Alors que je lui secoue la main depuis plusieurs secondes, je comprends avec honte que je ne l’ai pas lâchée ! Je le fais subitement, comme si elle m’avait brûlée. Je sens mes joues prendre une couleur rouge feu, et je balbutie nerveusement :

— Enchantée également.

— Vous m’aviez caché que vous aviez une fille si charmante, chef.

— Que voulez-vous, les plus beaux joyaux se montrent rarement, réplique mon père.

Mon éducation dans un des meilleurs pensionnats catholiques de ce pays m’empêche de lever les yeux au ciel face à cet échange pathétique et désuet.

— Vous resterez dîner avec nous, McGarrett ?

— Je ne voudrais pas déranger votre réunion de famille, s’empresse-t-il de répondre.

— Mais vous ne nous dérangez pas ! Ma femme a insisté pour que je vous invite à notre table. Depuis le temps qu’elle entend parler de vous ! Elle a envie de rencontrer ce jeune inspecteur prometteur de la police bostonienne.

Cette phrase de mon père met tous mes signaux en alerte. Si ma mère a proposé qu’il vienne dîner à la maison un soir où j’y suis également, c’est qu’elle a une idée en tête. Je jette un œil nerveux à son annulaire gauche ; c’est bien ce que je pensais, il est vierge de tout signe d’engagement. Je sens ma gorge se serrer, mes paumes devenir moites. Au secours ! Ma mère est en mission Trouvons un bon parti pour Amy.

Mon père invite McGarrett à le suivre dans le salon, et j’en profite pour m’éclipser dans la cuisine. Il faut que je dise deux mots à l’apprentie entremetteuse.

— Maman, ne me dis pas que tu as suggéré à papa d’inviter le lieutenant McGarrett pour me le présenter ? la questionné-je d’un ton sec, mais à voix basse pour ne pas me faire entendre dans l’autre pièce.

Ma mère s’essuie les mains sur son tablier et hausse les épaules.

— Puisque tu ne veux pas que je le dise, je ne le dirai pas.

— Maman !

J’aurais dû m’en douter, elle ne cuisine son rôti et sa sauce aux airelles que pour les grandes occasions. Cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Elle ne semble pas le moins du monde touchée par mes protestations puisqu’elle me tend un plat de purée de pommes de terre et me dit :

— Tu seras gentille d’emporter ça dans la salle à manger, nous passons à table.

Arrivée dans le salon, je m’aperçois que le complot familial est plus étendu que je ne l’aurais pensé. Les deux seules places disponibles sont celle qui est toujours attribuée à ma mère, et une autre juste en face du lieutenant Mc-Yeux-cacao. Je me déleste de mon plat de patates et m’assois, non sans avoir lancé à Carolyn un regard qui se veut noir. Mais elle a l’air plus amusée qu’autre chose.

Pour sa défense, le lieutenant beau gosse – oui, j’avoue, il est vraiment pas mal – semble mal à l’aise. Je suppose que le fait d’être assis juste à côté de ma grand-mère n’y est pas pour rien. D’autant qu’elle attaque fort :

— Vous êtes catholique, lieutenant McGarrett ?

Le pauvre manque de s’étouffer avec le verre de vin que vient de lui servir mon père. Il se tourne vers ma grand-mère qui, vu l’expression sur son visage, se demande déjà si elle peut réserver l’église Saint-Stephen pour notre futur mariage.

— Oui, madame, croasse-t-il.

Mauvaise réponse. Elle ne va plus le lâcher.

— McGarrett… vous êtes irlandais ? Je me trompe ?

— Non, madame. La famille de mon père est d’origine irlandaise.

Grand-mère est à moitié satisfaite, je le sens. Le fait qu’il ait précisé qu’il est irlandais par son père laisse un soupçon sur sa filiation maternelle. Mais grand-mère ne va pas s’arrêter à ce petit détail. Elle continue :

— Bien, McGarrett, puisque vous êtes irlandais et catholique, vous allez dire les bénédicités avec moi.

Le visage du pauvre lieutenant prend une teinte tellement pâle qu’elle rendrait jalouse Nicole Kidman. Je me retiens d’éclater de rire. J’ai quand même un peu de compassion pour lui. Il est sacrément courageux et j’avoue qu’il relève le défi de la prière sans trop d’encombres. Par contre, je suppose que s’il avait su dans quoi il s’embarquait, il aurait refusé de rester dîner.

Comme j'ai légèrement pitié de lui, je me dis qu’il faut que je le sauve des griffes de grand-mère pendant un petit moment. Le meilleur moyen d’y arriver étant de focaliser l’attention de celle-ci sur quelqu’un d’autre. Je tente alors ma chance sur Carolyn. Après tout, si elle est venue ce soir, autant qu’elle participe un peu.

— Alors Caro, quoi de neuf de votre côté ? Tu m’as l’air fatiguée.

Ma mère la dévisage, certainement paniquée de n’avoir pas noté la petite forme de son aînée, tout occupée qu’elle était à monter le plan Présentons lieutenant Mc-Irlandais-catholique à Amy.

Carolyn et Andrew échangent un regard plein d’amour dégoulinant que j’ai déjà vu auparavant. Trois fois exactement. J’additionne A et B et je devine ce qu’ils vont nous annoncer avant même que les mots ne franchissent la bouche de ma sœur :

— Je suis enceinte !

Passé la seconde de stupeur, mon père, ma mère et moi, nous nous levons d’un bond pour féliciter les futurs parents. Grand-mère tourne ses mains vers le ciel et entame une prière de remerciement. Et McGarrett affiche le sourire poli de celui qui se joint aux félicitations tout en se demandant ce qu’il fabrique là.

— Alors, pour quand est prévu l’heureux évènement ? questionné-je une fois l’euphorie de l’annonce passée.

— Nous devons accoucher vers le mois de mai, précise Andrew. Mais ce sera peut-être avant ; car l’autre nouvelle, c’est qu’il s’agit de jumeaux.

Nouvelles éruptions de joie, nouvelles félicitations.

— Des jumeaux, Carolyn ! Tu m’étonnes que tu sois crevée !

Andrew ne laisse pas le temps à ma sœur de répondre.

— Oui, la gestation des jumeaux est beaucoup plus fatigante que nos trois premières. Sans parler du fait qu’il faut s’occuper de Sarah, Sean et Connor également. Heureusement, pour le moment, notre ventre n’est pas encore trop lourd ; mais dans les prochains mois, ça risque de devenir plus difficile. Mais bon, nous sommes heureux, conclut-il.

Ma sœur sourit béatement à son mari. Et moi, je me demande si c’est à cause du stress de devoir revendre son coupé sport pour acheter un monospace sept places que mon beau-frère déraille et parle comme si c’était lui qui avait deux cacahuètes dans l’abdomen. Non mais sérieusement ? Sur neuf mois de grossesse, combien de temps compte-t-il porter le ventre de ma sœur exactement ?

— Quel dommage que tu ne sois pas mariée, Amy ! Tu aurais pu être toi aussi enceinte, et Carolyn et toi auriez eu des enfants du même âge… Des cousins qui jouent ensemble, c’est tellement mignon !

Comment se fait-il que la conversation revienne invariablement sur moi alors que Carolyn vient d’annoncer une nouvelle d’une importance capitale?

— Je préfère attendre que Sarah soit assez vieille pour pouvoir faire du baby-sitting avant d’avoir moi-même des enfants, répliqué-je.

Ma mère soupire de désespoir, et grand-mère enchaîne :

— À ton âge, j’avais déjà sept de mes neuf enfants.

Et moi, j’ai envie de remercier les personnes qui ont rendu les moyens de contraception plus accessibles.

— Quand vas-tu te décider à te trouver un fiancé, Amy ? Tu n’es plus toute jeune non plus ; et crois-moi, passé un certain âge, les hommes ne te regardent même plus. Ils ont beau dire le contraire, ils cherchent inconsciemment une femme qui sera capable de leur donner des enfants en temps voulu. Et comme ils mettent un moment à se décider, ils préfèrent choisir une compagne qui ne soit pas à la limite de la péremption. Pas vrai, McGarrett ?

Le lieutenant, qui avait presque réussi à se faire oublier depuis quelques minutes, blêmit. Il semble aussi à l’aise qu’une antilope face à une meute de lions affamés. Il jette un œil en direction de ma mère, qui n’espère rien d’autre qu’une confirmation des propos de grand-mère. Puis il me regarde, et à ma grande surprise, déclare :

— Je ne suis pas d’accord.

Le silence se fait dans la pièce, et tout le monde attend la suite. Il se racle la gorge.

— Premièrement, je ne connais pas l’âge exact d’Amy, mais elle me semble toujours jeune. Deuxièmement, c’est à elle de décider quand elle veut avoir des enfants ; et si elle souhaite en avoir, bien évidemment.

— Comment ça, « si elle souhaite en avoir » ? C’est un des quatre piliers du mariage catholique ! s’exclame grand-mère. La fécondité ! Se marier pour créer ! Vous ne voulez pas d’enfants, McGarrett ?

— Euh… si… un jour, balbutie-t-il.

Cela semble un peu rassurer grand-mère, vu qu’elle était en train de l’envisager sérieusement comme futur mari de sa petite-fille. Elle se dit certainement que si lui veut des enfants, il arrivera à me convaincre.

Mon père finit par intervenir et libère McGarrett de la terrible conversation dans laquelle il s’est retrouvé sans le vouloir, en parlant de sujets plus consensuels. Le reste du repas est un peu plus calme.

***

Quelques minutes après la fin de ce dîner interminable, je suis assise sur les marches devant la maison de mes parents, et je grille une cigarette. Une mauvaise habitude, j’en suis consciente, mais qui s’avère nécessaire pour relâcher un peu la tension qui ne m’a presque pas quittée pendant tout le repas.

La porte s’ouvre derrière moi, j’entends des bruits de pas, et deux chaussures de cuir vernies apparaissent sur la marche où je me trouve .

— C’est ici que vous vous cachez.

C’est notre invité de la soirée qui, apparemment, s’apprête à partir.

— Je suis étonnée qu’ils vous aient laissé vous échapper.

Il répond par un petit rire, fort charmant au demeurant.

— Je peux vous raccompagner ? Je crois que c’est sur ma route.

— Laissez-moi deviner : ce sont mes parents qui vous l’ont demandé ? dis-je en me relevant.

Je monte sur la marche supérieure pour ne pas me tordre le cou en le regardant.

— Oui ; mais ça me ferait vraiment plaisir.

Il a l’air sincère. Il est appuyé nonchalamment sur la rambarde, une main dans la poche de son manteau noir.

— Laissez-moi deux minutes, le temps de prendre mon sac et de dire au revoir à ma famille qui adore se mêler de mes affaires.

J’ouvre la porte et je jurerais que ma mère était postée derrière la fenêtre de l’entrée pour nous épier. Elle me tend mon sac à main avec un peu trop d’empressement.

Je fais mine de n’avoir rien vu et souhaite bonne nuit à tout le monde.

Quand je ressors, le lieutenant McGarrett m’attend devant sa voiture. Il m’ouvre galamment la portière, et je grimpe dans l’habitacle.

— Je suis désolée pour ce soir, vous ne deviez pas vous attendre à être passé au gril en acceptant de dîner avec la famille du chef de la police de Boston.

— J’ai passé une bonne soirée. Je ne suis pas trop habitué aux grandes réunions de famille, j’ai trouvé ça intéressant.

— Vous n’avez pas de frères et sœurs ?

— Non, il n’y a que ma mère et moi.

Il n’en dit pas plus ; je ne vais pas lui poser la question sur son père, ce serait déplacé. Apparemment, il le connaît puisqu’il a avoué à grand-mère qu’il était irlandais ; mais ça ne m’indique pas s’il fait toujours partie de sa vie.

Nous discutons de choses et d’autres pendant les quelques minutes que dure le trajet. Il me pose des questions sur mon travail et semble réellement intéressé par mes réponses. Au moment de me déposer à mon appartement situé au-dessus du café, McGarrett, en parfait gentleman, fait le tour de la voiture et ouvre ma portière. Il insiste pour me raccompagner jusqu’à ma porte. Je ne sais pas si c’est un réflexe de flic, ou parce qu’il ne veut pas qu’il arrive quelque chose à la fille du patron de son patron. Mais la midinette en moi espère juste qu’il le fait parce que ça lui est agréable.

Je sors mes clefs et me tourne vers lui.

— Eh bien, merci, lieutenant.

— Tout le plaisir est pour moi, répond-il presque machinalement.

Mais il ajoute :

— J’espère vous revoir très prochainement, Amy.

Ce n’est certainement qu’une façon polie de s’éclipser, mais je mentirais si je n’avouais pas qu’effectivement, moi aussi, j’aimerais le revoir.

[1] « Livrée à moi-même ».

[2] « Simplement comme tu es ».

[3] « T épouser ».